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Petit guide de la microaventure

Ce concentré d'aventure en une nuit, ou plus


Il y a des chances que tu sois comme moi. C'est pas possible pour toi de prendre une sabbatique pour réaligner tes valeurs et contempler la beauté du monde qui t'avait échappée, en avalant du highway ou en traversant deux pays à pied. Certes, on ne sait pas de quoi demain est fait. On a tous envie d'aventure et de spontanéité. Mais comment les conjuguer à nos moyens limités et nos rythmes de vie effrénés? Je pense avoir le début de la réponse à cette question: le voyage ne se mesure pas à ses kilomètres, mais à ton état d'esprit.


Récemment mise en lumière par le britannique Alastair Humphreys, la microaventure est un condensé de sa grande soeur l'expédition, à petite échelle et réalisable par tout le monde (Microadventures: Local Discoveries, Great Escapes, 2014). Elle peut consister en un dodo au sommet par une nuit étoilée, une descente de rivière en tubbing du magasin du dollars (avec ton stock dans un sac étanche pour dormir sur une berge) , une bouffe sur le feu entre amis, du bikepacking avec ton vieux CCM, ce à quoi j'ajoute - parce que je suis une fille décomplexée - le roadtrip! Une fois distillée, l'expédition ou le treck conserve les même propriétés envivrantes. Il s'agit d'extraire l'essentiel de l'aventure, pour n'en garder que la magie et l'exaltation. Si ton corps et ton portefeuille s'en trouve allégés, ton âme elle, ne fait pas la différence entre 10 heures et 14 jours. Many thanks Alastair! Je te recommande de le lire ou de l'écouter.


1. Un reality check

Lever de Soleil dans la Baie des Chaleurs

Les vlogueurs bienpensants se multiplient sur les réseaux sociaux. Une leçon de vie par-ci, une révélation par-là. Leur esthétique est parfois à couper le souffle et leur propos a plein de bon sens. J'ai mes préférés, qui m'inspirent et que j'adore suivre. Mais d'autres te traitent gentiment de mouton parce que tu fais du 9 à 5. T'es presque en train de te créer un nouveau besoin, celui de tout sacrer là pis de partir en van. Je te comprends, c'est normal! Ça fait rêver, ça fait douter.


Mais je vais te dire une chose, ce que tu vois en reel n'est la plupart du temps, qu'une seule escapade documentée par le créateur de contenu, déclinée sous plusieurs angles. Certes, il y en a qui le font à plein temps et qui en vivent plutôt bien. Comme les olympiques, si plusieurs y excellent, consacrant tout leur temps à leur discipline, une infime fraction d'entre eux y arrivent. Et puis c'est comme avoir un six packs, veux-tu vraiment travailler là-dessus temps plein? La bonne nouvelle, c'est que c'est tout aussi enivrant de partir 3 jours.


2. Partir maintenant avec les moyens dont tu disposes déjà

Vallée de la Matapédia enneigée

Si tu attends d'avoir deux mois off, les moyens financiers, une météo clémente ou la forme parfaite, tu ne partiras jamais. Tu peux marcher? T'as la forme nécessaire. Qui n'a jamais vu de petites mamies les dépasser sur un sentier ou un papi, droit comme un chêne, gravir les escaliers d'un centre d'interprétation de la corde de chandelle à bonnes enjambées? S'ils peuvent, tu peux aussi.


La liberté financière ce n'est pas si facile à obtenir dans une société où pratiquer la décroissance est à contre-courant, voire marginal. Tout autour de toi te pousse à consommer plus. Tout jeune, tu as peut-être déjà mis les deux pieds dans le piège des paiements aux deux semaines et tu vis probablement de paie en paie, comme beaucoup de gens. On ne sort pas de ce cycle du jour au lendemain. En attendant de te frayer un chemin dans cette direction, si elle t'intéresse, profites de la vie dès maintenant,avec les moyens du bord; une bouée gonflable facile à transporter (12$), un bivouac d'urgence (20$), un matelas garoché dans ton char (65$).


Tu as juste une nuit? C'est amplement suffisant. Tu as deux nuits, c'est encore mieux! Tu n'as pas les moyens de te payer plusieurs séjours en auberge? Ou une van Promaster à 135 000$? Soit! Ce sera la tente, la voiture (oui oui, tu disposes déjà d'un authentique micro VR ), les refuges ou les hébergements indépendants. Je te vois, ami.e néophyte, ton visage vient de se figer, il esquisse une grimace, tu es sur le point d'abandonner ta lecture: t'inquiète pas, je te parle de confort un peu plus bas.


3. C'est Mère Nature qui choisit

Le Bic près de Rimouski

J'aime bien dire à tout vent, qu'il y a deux shows gratis par jour. Sunrise et Sunset sont respectivement le point de départ et de chute de ma journée. C'est autour de ses deux certitudes que je brode mes itinéraires. Je n'annule pas si Dame Nature me joue des tours. Fait pas beau dans Lanaudière? J'irai en Outaouais. Je veux essayer un resto dans Charlevoix malgré la grisaille? Je choisirai la voiture au détriment de la tente pour mon escapade. Du vent, de la pluie, c'est parfois ce qu'il te faut: c'est absolument legit de se reposer pendant une microaventure, c'est même tout à fait indiqué!


4. Pas d'entorse au confort


Je t'entends tsé. Pas toi, le convaincu de 25 ans. Non toi, cellui qui comme moi il y a 5 ans, à l'aube de la quarantaine, n'avait pas fait de camping depuis le Wildwood de son enfance. Tu te dis « ben voyons donc, me vois-tu coucher dans mon char, j'ai de la misère à me déplier quand je ramasse un jouet su'l plancher! »


Et bien cher congénère: j'ai envie de te répondre qu'il n'est pas trop tard pour commencer à sortir de ta zone de confort, qui n'est souvent qu'un cadre que la société impose à ton âge biologique. Je t'explique ici, comment c'est possible de convertir ta voiture en VR en ne sacrifiant ni ton budget, ni ton dos. Si ton auto ne te permet pas d'y aménager un set up comfo, il te reste la location d'un véhicule à la journée (avec Turo par exemple), les refuges et la tente (avec un bon matelas de sol) et certains hébergements indépendants peu coûteux. Une expérience confortable maximisera tes chances t'intégrer la microaventure à ta vie sur une base régulière. Je suis une insomniaque hypersensible: je ne lésine JAMAIS sur le confort. Nope.


5. S'affranchir de la culpabilité



J'ai une question pour toi? Fais-tu partie des gens qui pensent qu'arrêter pour prendre du temps pour soi est un peu égocentrique? Est-ce que ça t'arrive de te sentir un peu cheap d'imposer à ceux qui partagent ta vie, une absence pour cause de loisir? Si la réponse est non: Hell yeah, way to go! La réponse est oui? Faut qu'on jase un brin.


Issue d'un patriarcat internalisé, d'une carence d'éducation féministe, d'une glorification du travail acharné ou de quelque chose dans tes tripes que t'as pas encore réussi à nommer, peut-être, la culpabilité est difficile à débouter. La vie est courte l'ami.e! Ta boite de réception, la blonde, le chum ou les enfants vont survivre même si tu tires la plug pendant 2 jours. Offre-leur du même coup, un inestimable cadeau: légitimise ce besoin vital de te retrouver, hors du cadre habituel, avec ou sans partenaire d'aventure. C'est par l'exemple qu'on apprend et tes proches seront témoins de cette considération envers toi-même. Et tout comme la culpabilité (malheureusement), le self-care s'enseigne aussi par mimétisme. Jette du lest. Garoche cette vieille appendice-ratatinée-passée-date de culpabilité par-dessus bord : « merci pour ses années de doutes vains sur moi-même, adios » (ploush).


6. Une source alternative et durable de dopamine

Bay of Quinte sunset, Ontario

La dopamine est le messager chimique dans ton cerveau à l'origine du système de récompense, de la motivation et de l'attention. Elle impacte de manière directe la résultante bonheur. Le voyage est dopaminergique, tout comme la microaventure. Le cerveau, rappelons-le, ne fait pas de distinction entre 14 jours sur un autre continent et 2 jours dans l'arrière-cour de la Rive-Sud. C'est une précieuse source d'énergie intrinsèque (ton petit moteur intérieur). La microaventure est une excellente façon d'enclancher le cycle bénéfique motivation/action/récompense/plaisir de manière équilibrée, clé d'une bonne santé physique et morale.


Pack ton sac pis pars!


Tu disposes d'une toute petite matinée, d'une courte fin de soirée? Prends ton café près d'une rivière, profite d'un sunset sur une colline urbaine, take a picnic! Pars! Et appuie sur le bouton reset, « parce que tu le vaux bien » -L'Oréal Paris.


Connaissais-tu déjà la microaventure? As-tu déjà intuitivement vécu une microaventure sans même l'appeler ainsi? Partage-moi ton expérience en commentaire!




4 commenti


Ospite
02 mar 2023

J’aime bien traîner dans mon coffre de toit des accessoires d’aventures compacts: un jeu de Molkky, un paddleboard gonflabe, mes bottes et battons de rando, ma ceinture de flotaison, un gant de baseball et une balle, des jumelles, ou en hiver mon pantalon de neige, mes skis de fonds, … Puis dans ma valise, deux bacs

: un qui me permet de cuisiner sur le pouce et l’autre de dormir dans mon char. Je suis ainsi toujours prête pour les surprises que la vie me réserve et je me permet ainsi davantage de microaventures. Je recommande!

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Angie Twain
03 mar 2023
Risposta a

La bonne idée! Clever :) Je fais faire la même affaire. Le molkky pis toute. Amen sister.

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Ospite
02 mar 2023

Ma microaventure pour mon macrobonheur => Le même sentier accessible un mardi soir à la frontale ou un dimanche matin café en main. J’aime le voir évoluer dans le temps, de la pousse printanière qui passe du brun au vert en un clin d’œil, à son tapis blanc. Ça semble redondant?

Pas du tout. Odeurs, couleurs, même le challenge diffère. Des ruisseaux à traverser, de la neige à tasser et quand tout beigne, on change la marche pour la course en sentier. Ce 8km à renifler du bois me satisfait autant que le plus haut sommet avec vue 360!

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Angie Twain
03 mar 2023
Risposta a

C'est donc ben inspirant. J'adore!! Puiser du différent dans le familier, c'est excellent. Merci pour ça :)

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